mooc raison d'etre et entreprise à mission

Bien malin celui qui peut prétendre savoir à quoi vont ressembler les modes de travail de demain. Je ne me livrerai donc pas à cet exercice. Je vous partage simplement une conviction : le sujet de la raison d’être, de la mission de l’entreprise, va être de plus en plus prégnant. Car c’est une attente forte des collaborateurs en cette période post-confinement. Comprendre le cap de son entreprise, la stratégie et « au-dessus » de tout ça, le sens, la mission. La raison d’être de l’entreprise, c’est finalement ce que l’entreprise souhaite changer dans le monde, ce à quoi elle a envie de contribuer, son utilité. Comprendre cette raison d’être pour conforter sa propre utilité après une période chahutée.

J’ai « profité » de cette période de confinement pour m’inscrire au MOOC « Raison d’être et Entreprise à Mission » mis en place par l’ESSEC. L’objectif de ce MOOC est de définir les notions de raison d’être et de société à mission mises en avant dans le cadre de la loi Pacte (en France) et des nouvelles préoccupations sociétales. Un parcours très riche, avec les exemples de 7 entreprises : Française des Jeux, Openclassrooms, Groupama, Maif, Science & Nature, Camif et Eurogroup. Je voulais ici vous partager ce que je retiens de ce MOOC et casser quelques idées reçues.

Non, inscrire la raison d’être de son entreprise dans ses statuts n’est pas un habillage marketing !

C’est pourtant ce qu’il m’est souvent opposé quand j’emmène mes interlocuteurs sur ce sujet. « Oui, OK, une raison d’être, c’est sympa, enfin, c’est surtout marketing ». Évidemment, c’est l’impression que l’on peut avoir si l’on s’en tient à la formulation en elle-même :

Voici quelques raisons d’être des entreprises qui témoignent dans ce MOOC :

« Rendre l’éducation accessible à tous » : Openclassrooms

« Permettre au plus grand nombre de construire leur vie en confiance » : Groupama

« Apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre » : Danone

« Une vision responsable et positive du jeu » : la Française des jeux

« Les bienfaits de la Nature pour tous » : Laboratoire Science & Nature

Pourtant, lorsque l’on écoute les témoignages des responsables de ces entreprises, on comprend vite que cette raison d’être n’a pas de vocation « marketing ». Tous font en sorte que cette raison d’être découle sur des engagements forts que prend l’entreprise. Beaucoup ont constitué un Comité de Mission, ou comité d’impact, pour suivre la mise en œuvre de cette raison d’être, contrôler l’application de la mission. Ce comité d’impact est composé de toutes les parties prenantes de l’entreprise (clients, partenaires, actionnaires…)

Mais au fait, qu’est-ce que la raison d’être ?

Dans la loi PACTE du 22 mai 2019, elle est définie comme « les principes dont la société se dote pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son activité ».

Plusieurs dirigeants présentent cette raison d’être comme une boussole, qu’ils utilisent pour prendre des décisions importantes.

La raison d’être permet également de mobiliser et fidéliser ses parties prenantes par la création d’un sens commun.

Pour les entreprises qui ont choisi de déposer cette raison d’être dans leurs statuts, ce que permet la loi PACTE et ce qui constitue la 1ère étape pour devenir une entreprise à mission, cela permet de pérenniser une volonté, de s’assurer que, même si les dirigeants changent, la mission de l’entreprise, elle, n’évoluera pas puisqu’elle est inscrite dans les statuts.

L’entreprise à mission se définit par 4 principaux actes :

MISSION : Formulation d’une mission, inscrite dans les statuts, dotée d’un impact social, sociétal ou environnemental positif, engageant les actionnaires

ENGAGEMENTS : Adoption d’une mission engageant l’entreprise auprès de ses parties prenantes à déployer les moyens nécessaires pour accomplir sa finalité sociétale

EVALUATION : Traduction de la mission dans des engagements et objectifs chiffrés, objectivés et évalués à un rythme annuel

GOUVERNANCE : Intégration des enjeux de la mission au sein de la gouvernance de l’entreprise, soit au sein de l’organe de contrôle principal soit par la création d’un comité ad hoc.

Alors oui, le risque de « social washing » existe, et la plupart des dirigeants interrogés en sont bien conscients mais il me semble qu’en cette période mouvementée, il est intéressant de s’intéresser à cette notion de raison d’être et d’entreprise à mission. Je vous invite à parcourir le site de la Communauté des entreprises à mission :

https://www.entreprisesamission.com/

Je terminerai en partageant une phrase de Laurence Méhaignerie, Présidente de Citizen Capital Partenaires :

« Les plus belles entreprises du 21ème siècle seront les entreprises à mission »

Maud Chevalier
Associée et Directrice Conseil d’Enjoy your Business

Maud Chevalier